Reprise économique, es-tu là ?

FTI Consulting et l’institut de sondage Odoxa, en partenariat avec Les Echos et Radio Classique, ont dévoilé les résultats d’un sondage sur les Français et l’intensification du rythme des réformes du Gouvernement. Guillaume Granier, Managing Director du bureau FTI Consulting à Paris, décrypte ces résultats et analyse la situation. Tribune parue sur Le Huffington Post.

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Les Français croient à la poursuite des réformes – Philippe Wojazer/AP/SIPA

 

Une gageure, il y a encore quelques mois; et si la reprise économique était là? A chaque printemps, nous entendons à nouveau cette prophétie qui se veut autoréalisatrice. Les oracles invoquent les esprits de la croissance… en vain. Juillet 2013, le chef de l’Etat prédisait: « la reprise est là ». Mars 2014, le Président de la République réitérait « le retournement économique arrive ».

Les faits sont têtus et un an plus tard en ce beau mois de mars 2015, François Hollande, en déplacement en région Rhône Alpes, expliquait à nouveau « même fragile, la reprise économique est bien là ». Cette fois-ci, les Français commenceraient à y croire. Ils sont plus de 4 sur 10 à entrevoir le redémarrage de la croissance, selon le rendez-vous de l’économie Odoxa – FTI Consulting – Les Echos – Radio classique. La confiance ne se décrète pas, elle se prouve. Les Français découvrent donc les preuves de la reprise économique.

Mercredi, Manuel Valls se déplace à Bruxelles pour assurer la Commission Européenne de l’accélération du rythme des réformes françaises. 56% des Français estiment que le Gouvernement va réellement accélérer le rythme des réformes d’ici 2017. Alors certes, malgré le nouveau délai de deux ans accordé par la Commission, l’opinion publique (79%) ne croit pas en notre capacité à ramener notre déficit public dans le cadre maastrichien des 3%. Mais qu’importe, nous semblons nous diriger vers « un alignement des planètes » en faveur de la croissance française.

Pour en avoir le cœur net, prenons quelques données objectives. En février 2015, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,7%, après un recul de 0,1% en janvier. Le risque de déflation plane sans doute encore sur nous mais la baisse historique de l’euro face au dollar pourrait contribuer à faire remonter les prix en plus d’améliorer la compétitivité prix du commerce extérieur européen. Ajoutons à cela, la clôture historique du CAC 40 le 13 mars 2015 à 5010,46 points ; pour la première fois au dessus des 5000 points depuis le début de la crise, en 2008.

Enfin, la Banque Centrale Européenne a entamé la semaine dernière un programme de rachat d’actifs de 1140 milliards d’euros, soit 60 milliards d’euros de rachat mensuel de dettes souveraines, ou de dettes d’institutions européennes, jusqu’à fin septembre 2016. On peut imaginer que ce « Quantitative Easing » contribuera à la baisse de l’Euro, permettra d’assainir le bilan des banques et ainsi les incitera à prendre plus de risques pour financer l’économie réelle ; la construction et l’automobile, notamment. Résultat, la Commission Européenne a relevé ses projections de croissance du PIB français à 1% en 2015 (au lieu de 0,7%) et 1,6% pour 2016 (au lieu de 1,5%). Les économistes observent que le chômage commence à se rétracter dès les 1,5% de croissance dépassés. Pourrions-nous enfin nous attendre à de meilleures nouvelles sur le front de l’emploi?

Fragile, légère, délicate, balbutiante, nous faisons nôtres tous les qualificatifs qui permettront d’euphémiser ce pronostic économique. La réalité vécue par nos entreprises n’est pas encore à l’euphorie. Gardons-nous donc de tout excès d’optimisme. Nous sortons à peine de l’hiver et ne faisons qu’envisager un bourgeonnement économique Mais, il faut bien le reconnaître quelque chose a changé, l’air semble plus léger; de là à dire que la confiance des français dans l’économie est revenue, c’est un cap que nous ne franchirons pas.

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